Le Piège de manger au restaurant.Le Piège de manger au restaurant

Pour réussir à jongler entre le travail, les activités physiques, les loisirs et les transports, beaucoup choisissent de ne plus cuisiner et d’acheter leurs repas du midi à la va-vite. Ils se font livrer ou emportent des plats préparés qu’ils expédient en quelques minutes sur un coin de table . Et pour les autres qui préfèrent la convivialité des salles de restauration, le constat est à peu près le même : le repas qu’ils s’apprêtent à manger est contaminé par le sel et les phtalates.Le Piège de manger au restaurant

C’est la synthèse de deux études portant sur les dérives de la restauration et les conséquences du sacrifice de notre alimentation aux mains des industriels…

Le Piège de manger au restaurant

Des apports en sel qui modifient en profondeur nos circuits neuronaux et fragilisent nos vaisseaux sanguins

Alors que les apports conseillés en sodium ont été fixés par plusieurs organismes à 1600 mg par jour, notre consommation quotidienne se situerait plutôt aux alentours de 3400 mg . La faute à notre désamour pour la cuisine puis qu’environ 72 % de nos apports quotidiens en sel proviendraient des restaurants (une notion qui inclue également les plats prêts-à-manger vendus dans les boulangeries, les fast-foods ou les grandes surfaces). Sans surprise, la palme revient aux plats issus de la restauration « fast-food » comme les cheeseburgers, les pizzas ou les plats en sauce à emporter.Le Piège de manger au restaurant

Malheureusement, c’est un constat souvent pris à la légère. Entre ceux qui ne voient pas l’intérêt de diminuer leur consommation tant qu’ils n’ont pas d’hypertension et ceux qui pensent pouvoir compenser avec des produits sains (fruits et légumes), le sel collectionne les victimes faciles.Le Piège de manger au restaurant

Comment le sel modifie nos récepteurs gustatifs et nos comportements

Comme la totalité des animaux, l’homme ne peut pas se passer de sodium. Il aide à maintenir l’équilibre acido-basique en plus d’être indispensable à la transmission des influx nerveux et à la contraction musculaire. Quiconque se prive volontairement de sodium, dépérit en quelques semaines. C’est un minéral si important que l’évolution a mis en place un système de survie tout à fait étonnant chez les herbivores et les omnivores : chaque bouchée d’un aliment qui en contient leur procure une sensation de plaisir instantané. Les récepteurs sodiques situés à proximité des récepteurs gustatifs s’excitent et activent un mécanisme de gratification situé dans l’hypothalamus. De cette façon, nous avons tendance à privilégier naturellement les aliments qui en contiennent.Le Piège de manger au restaurant

Il y a plusieurs milliers d’années, ce système avait encore du sens car les aliments contenant du sodium étaient assez rares, mais aujourd’hui, avec l’accès illimité au sel, il est devenu un piège mortel. Si les hommes continuent de consommer le sel en excès alors qu’ils le savent mauvais pour leur santé, ce n’est pas par goût du défi mais parce que c’est irrésistible. Le sel n’apporte pas plus de goût, mais plus de plaisir. Un plaisir complexe qui s’associe insidieusement aux saveurs et aux goûts au fil du temps. Il a cette capacité à modifier les circuits neuronaux et la plasticité sensorielle que partagent entre elles les drogues : pour avoir la même sensation de plaisir, il faut continuellement augmenter la dose. Le genre d’escalade capable de générer des comportements complexes d’addiction, de manques et de crises compulsives. A long terme, une consommation fréquente de sel altère les récepteurs gustatifs et tout retour en arrière devient difficile : une diminution des apports salés provoque des syndromes de sevrage (comme des besoins irrépressibles de malbouffe, de l’irritation, des excès de transpiration) et la sensation que les aliments sains sont fades.Le Piège de manger au restaurant

L’industrie agro-alimentaire, qui a toujours une longueur d’avance, connaît évidemment cette propriété du sel : si on en trouve autant dans les produits de la restauration, ce n’est pas seulement parce qu’il conserve bien les aliments. L’idée est de rendre appétissants des produits finaux très appauvris en micronutriments ou enrichis en composés désagréables. Des sommes incroyables sont investies pour trouver la bonne combinaison, celle qui va satisfaire le palais du plus grand nombre avec les produits les moins chers possibles. La tentation est même devenue grande de faire appel à d’autres exhausteurs de goût, comme le chlorure de potassium ou le glutamate monosodique (soupçonné de provoquer de nombreux symptômes tels que des nausées, des maux de tête, des douleurs musculaires, une perturbation de la sécrétion d’insuline et impliqué dans la physiopathologie des migraines ). Une analyse portant sur 222 plats issus des 12 restaurants les plus populaires du Canada a montré que 69 % d’entre eux contenait au moins un exhausteur de goût (en plus du sel). Le Piège de manger au restaurant

En ce qui concerne les grandes tables, qui privilégient généralement les bons produits, le sel s’y trouve également en abondance mais pas toujours pour la même raison : enclins en permanence à goûter des produits, les cuisiniers cèdent tôt ou tard aux sirènes du sel pour « assaisonner » leurs plats et s’y laissent piéger. Leurs récepteurs gustatifs ne sont pas épargnés et les quantités de sel doivent être progressivement augmentées pour qu’ils aient la même impression de plaisir savoureux.

Comment réduire ses apports en sodium ?Le Piège de manger au restaurant

Étant donné sa capacité à modifier en profondeur les circuits neuronaux, mieux vaut s’en affranchir au plus vite et se cantonner aux apports conseillés. On sait depuis longtemps que la consommation de sel est fortement associée à l’hypertension , le premier facteur de mort prématurée au monde . Si les apports étaient abaissés à 1200 mg par jour, on estime que 2,5 millions de décès pourraient être évités chaque année. C’est un chiffre effrayant à la hauteur du pouvoir destructeur du sel, trop souvent minimisé. On se demande même s’il n’est pas à l’origine de l’épidémie d’obésité qui frappe actuellement l’ensemble du monde occidental . Le Piège de manger au restaurant

Pour retrouver le goût et l’authenticité des aliments, sortir de la spirale infernale dans laquelle le sel vous a emmené, voici quelques pistes d’action concrètes à mettre en pratique au plus vite :

Réduire graduellement les apports en sel en diminuant les plats préparés et les sorties au restaurant. Tous les travaux montrent qu’il est important de le faire de façon progressive pour éviter les crises compulsives et les rechutes.

Se faire aider par des plantes traditionnellement reconnues pour réduire les sensations de manque comme le kudzu. Prendre 4 à 6 gélules de Kudzu Extract par jour jusqu’à ce que les besoins et les envies compulsives de sel disparaissent.

Comparer les étiquettes et choisir les produits qui contiennent le moins de sodium.

Réapprendre à cuisiner en prenant le temps de préparer ses plats pour le lendemain.

Solliciter des aliments sains et savoureux, c’est-à-dire de saison et d’origine locale. Vous ne trouverez pas de tomate savoureuse au mois d’avril dans nos contrées occidentales, même s’il s’agit d’un produit issu de l’agriculture biologique.

Solliciter différents types de grains, comme l’orge, le quinoa et le riz, qui sont naturellement non salés.

Opter pour des noix et des fruits à coque non salés.

Choisir des eaux minérales faibles en sodium (moins de 20 mg de sodium/litre).

Remplacer la salière à table par des épices, de la poudre d’oignon, du sel végétal, du gingembre frais, des fines herbes (basilic, origan, etc.), du jus de citron…

Le Piège de manger au restaurant

Laisser un commentaire